N° 3 - la légende du brouillard (n° en rupture)
Editorial
Agréable et protecteur lorsqu'il est refuge intime, désagréable et inquiétant quand, s'insinuant partout, il enferme dans les fils de sa nappe le corps et l'âme de celui qui, ayant perdu ses repères, ne peut plus distinguer le réel du fantastique, le brouillard, de même que la brume, ne laisse personne indifférent.
Lionnette Arnodin
Lire la suite >>>
Editorial
Au soir d'une chaude journée d'automne, la terre s'enroule dans son épais manteau de brouillard blanc fleurant bon la terre mouillée. Seuls quelques corps de vaches, semblables à de petits bateaux privés de leurs "jambes", surnagent au-dessus de cette mer douce et laiteuse. Le filet de route goudronnée devient une marmite fumante, exhalant des flammèches de brume qui se démènent dans le crépuscule. Rêve ou réalité ? Quelle importance !
C'est à partir de ce paysage que j'ai eu envie de sonder les profondeurs du brouillard. Un brouillard qui surgit là où on ne l'attend pas et se dissipe selon son bon vouloir au moment où l'on croit le saisir. Doté de pouvoirs immenses, il échappe à tout contrôle, au temps et à l'espace, au jour et à la nuit, aux saisons, même s'il en privilégie une, l'automne.
Agréable et protecteur lorsqu'il est refuge intime, désagréable et inquiétant quand, s'insinuant partout, il enferme dans les fils de sa nappe le corps et l'âme de celui qui, ayant perdu ses repères, ne peut plus distinguer le réel du fantastique, le brouillard, de même que la brume, ne laisse personne indifférent.
Lionnette Arnodin